Si vous aimez les sensations fortes, la pêche au gros au Sénégal devrait clairement figurer sur votre liste. Entre carangues survoltées, thons obèses qui vous vident les bras et espadons dignes d’un documentaire, l’Atlantique sénégalais est un terrain de jeu exceptionnel. Mais pour transformer un simple “trip de pêche” en vraie aventure réussie, mieux vaut arriver préparé : bonnes techniques, matériel adapté, et timing au cordeau.
Pourquoi le Sénégal est un spot de pêche au gros à part ?
Le Sénégal, ce n’est pas juste du soleil et des plages. C’est aussi :
- Un littoral directement exposé à l’Atlantique, avec des fonds rapidement profonds.
- Des zones riches en courants et en upwellings qui attirent des bancs de poissons pélagiques.
- Une infrastructure de pêche sportive déjà bien en place (Saly, Cap Skirring, Dakar, Saint-Louis…).
- Un climat généralement agréable, avec de longues périodes favorables.
Résultat : vous pouvez enchaîner, sur la même sortie, dorades coryphènes, carangues, thazard, thons, voire espadon voilier et marlin selon la saison. Pour un amateur de pêche au gros, c’est un peu le “parc d’attractions” atlantique.
Les espèces que vous pouvez cibler au large du Sénégal
Avant de parler techniques, il faut savoir qui vous allez affronter. En fonction des saisons et des zones, vous pouvez rencontrer :
- Le thon (albacore, listao…) : puissant, combatif, idéal pour les amateurs de moulinets qui sifflent.
- L’espadon voilier : spectaculaire avec ses sauts hors de l’eau, combat très visuel.
- Le marlin (bleu ou blanc) : le graal pour beaucoup, mais demande une vraie organisation.
- La carangue : nerveuse, agressive, parfaite pour le jig ou le popper.
- Le thazard (wahoo) : ultra-rapide, idéal au traîne avec des leurres rapides.
- La dorade coryphène : très colorée, acrobatique, souvent en bancs.
- Les mérous et autres prédateurs de fond : plutôt ciblés au jig ou à la ligne de fond.
En résumé : de quoi s’amuser, que vous soyez fan de gros pélagiques ou de combats plus courts mais explosifs.
Les grandes techniques de pêche au gros au Sénégal
Sur place, les sorties se font généralement en bateau avec un skipper qui connaît les zones. Mais comprendre ce que vous faites rend l’expérience bien plus intéressante. Voici les techniques incontournables.
La pêche à la traîne : la base pour explorer l’Atlantique
C’est la méthode la plus utilisée pour la pêche au gros au Sénégal. Le principe : le bateau avance, vous laissez filer des lignes armées de leurres ou de poissons appâtés.
À la traîne, vous pouvez viser :
- Thons
- Thazard
- Espadons voiliers
- Marlins (dans les bonnes zones et saisons)
- Dorades coryphènes
Côté leurres, on retrouve régulièrement :
- Jupes à thon (skirted lures) pour les marlins, voiliers, gros thons.
- Plugs et minnows plongeants pour thons et thazards.
- Poissons morts armés (bonites, maquereaux) pour les gros prédateurs.
La vitesse de traîne varie généralement entre 6 et 9 nœuds selon les espèces visées et le type de leurre. Votre guide adaptera, mais rien n’empêche de poser des questions : comprendre pourquoi on passe de 6 à 8 nœuds, c’est déjà progresser.
Le jigging : du vertical qui pique les bras
Le jigging, c’est la pêche avec des jigs métalliques que l’on anime verticalement sous le bateau. C’est très physique, mais diablement efficace sur les poissons de fond et les prédateurs embusqués.
Au Sénégal, cette technique peut rapporter :
- Carangues
- Mérous
- Thons (quand ils chassent en profondeur)
- Vivaneaux et autres espèces de roche
Le principe : vous laissez descendre votre jig jusqu’au fond ou à une profondeur donnée puis, canne en main, vous imprimez des animations rapides : tirées, relâchées, séries de coups de scion. Quand ça tape, ça ne prévient pas. Si vous n’avez jamais testé, prévoyez des avant-bras frais et un peu de cardio.
Le popping et le spinning : les attaques en surface
Pour ceux qui aiment voir le poisson attaquer, le popping et le spinning sont un vrai régal. Ici, on utilise :
- Des poppers bruyants qui brassent de l’eau.
- Des stickbaits pour une nage plus discrète et sinueuse.
C’est une très bonne technique sur les carangues, thons en chasse, dorades coryphènes et parfois même certains thazards. Vous lancez, animez en surface, et vous attendez l’explosion. Quand une carangue tape un popper à quelques mètres du bateau, le niveau d’adrénaline grimpe très vite.
Quel matériel prévoir pour une sortie de pêche au gros au Sénégal ?
Bonne nouvelle : la plupart des centres de pêche au Sénégal fournissent le matériel. Mais si vous êtes déjà équipé ou exigeant, voici quelques repères pour venir avec votre propre arsenal.
Canne et moulinet pour la traîne
Pour la traîne sur gros poissons :
- Cannes : 30 à 50 lb pour les pêches “stand up” polyvalentes. Pour le marlin très sérieux, on peut monter à 80 lb.
- Moulinets : modèles à tambour tournant de type big game, avec frein puissant et bonne contenance.
- Fil : tresse ou nylon de 50 à 80 lb selon la cible, avec bas de ligne résistants (fluorocarbone ou acier pour les poissons à dents).
Si vous êtes en mode “première expérience”, le matériel du bateau fera largement l’affaire. En revanche, pour les passionnés, venir avec son combo préféré est souvent plus confortable.
Ensemble pour jigging et popping
Pour le jigging :
- Canne : courte (1,60 m à 1,90 m), puissante (PE 3 à 6), avec une bonne réserve de puissance.
- Moulinet : tambour fixe ou tournant, robuste, ratio adapté pour remonter vite.
- Tresse : PE 3 à 4 en général, avec bas de ligne en fluorocarbone 60 à 100 lb.
Pour le popping :
- Canne : 2,30 m à 2,50 m, puissance PE 4 à 8 selon la taille des leurres et des poissons recherchés.
- Moulinet : tambour fixe taille 8000 à 14000, frein solide, tresse 50 à 80 lb.
Ne sous-estimez pas la fatigue : les pops à répétition sous le soleil, ça use. Une canne trop lourde ou mal équilibrée, et la journée devient très longue.
Le petit matériel qui fait la différence
Quelques éléments à ne pas négliger :
- Gants de pêche : pour manipuler les poissons et protéger vos mains sur la tresse.
- Ceinture ou baudrier : indispensable si vous combattez un gros poisson en stand up.
- Lunettes polarisantes : pour mieux voir les chasses, mais aussi pour reposer vos yeux.
- Casquette, buff, crème solaire : l’Atlantique, ça cogne.
- Boîte de leurres : même si le bateau en fournit, avoir vos modèles favoris est rassurant.
Ce n’est pas le matériel le plus cher qui fait tout, mais celui qui est adapté aux espèces visées et à votre niveau. Mieux vaut un ensemble cohérent et maîtrisé que du “trop gros” impossible à manier.
Quelles sont les meilleures saisons pour la pêche au gros au Sénégal ?
Le Sénégal a l’avantage d’offrir une période de pêche intéressante sur une bonne partie de l’année, mais certains mois sont clairement meilleurs selon les espèces.
En règle générale, pour la pêche au gros en Atlantique :
- De novembre à mai : excellente période pour beaucoup d’espèces pélagiques (thons, thazards, dorades coryphènes, carangues).
- De mars à juin : souvent mis en avant pour les espadons voiliers et certains marlins, selon les zones.
- La saison des pluies (environ juillet à octobre) : plus variable, parfois très productive sur certaines espèces, mais la météo peut être moins stable.
Les conditions exactes dépendent aussi de la zone :
- Saly / Petite Côte : très populaires pour la pêche sportive, infrastructure au top, bonne période de novembre à mai.
- Cap Skirring / Casamance : ambiance plus sauvage, paysages superbes, et de belles opportunités au large.
- Dakar : point de départ pour explorer des zones profondes rapidement accessibles.
- Saint-Louis : intéressant pour certaines périodes, plus au nord.
L’idéal : discuter à l’avance avec une structure locale ou un guide. Ils savent quelles espèces sont les plus présentes à tel moment, et adapteront vos sorties (traîne, jig, sortie courte ou journée complète).
Choisir son camp de base et son type de sortie
On ne prépare pas une sortie “découverte” comme un séjour de pêche intensive. Avant de réserver, posez-vous quelques questions :
- Vous partez en famille ou entre passionnés ?
- Vous voulez tester une sortie ou enchaîner plusieurs jours en mode “trip pêche” ?
- Votre priorité, c’est un gros poisson mythique ou du poisson régulièrement pour le plaisir du combat ?
Beaucoup d’hébergements côtiers proposent :
- Des sorties à la journée (souvent 6 à 8 heures en mer).
- Des packs avec plusieurs jours de pêche + hébergement.
- Des formules “mix” : traîne, jigging, popping selon les conditions.
Si c’est une première expérience, une journée encadrée par un skipper expérimenté vous donnera déjà un bon aperçu. Pour les passionnés, un séjour de 4 à 6 jours avec différentes techniques permet de vraiment explorer le potentiel local.
Quelques astuces pratiques pour réussir vos sorties
Pour maximiser vos chances de revenir avec de belles images (et quelques belles courbures de canne), voici quelques conseils concrets :
- Hydratez-vous régulièrement : entre le soleil, le vent et l’effort physique, la déshydratation arrive vite.
- Écoutez le skipper : il connaît les zones, les courants, les habitudes des poissons. Son expérience est votre meilleur atout.
- Variez les techniques : si la traîne est calme, proposer un peu de jigging ou de popping peut déclencher de belles surprises.
- Ne serrez pas trop votre frein : mieux vaut un poisson qui part et revient qu’une casse nette au ferrage.
- Respectez les consignes de sécurité : port de gilet si nécessaire, déplacements prudents sur le pont, attention aux hameçons triples.
Et surtout, gardez en tête que vous êtes dans un environnement sauvage : certains jours, la mer est généreuse, d’autres un peu plus avare. Cela fait partie du jeu.
Ethique de pêche : prendre du plaisir, sans tout prendre
La pêche au gros au Sénégal peut encore être très productive, mais cela ne veut pas dire qu’il faut tout garder à bord. De plus en plus de structures encouragent :
- La remise à l’eau des espèces emblématiques (voiliers, marlins) après photo.
- Un prélèvement raisonnable pour la consommation locale (équipage, village, cuisine de l’hôtel).
- Le respect des tailles minimales et des réglementations locales.
Demander dès le début comment votre skipper gère ces questions est un bon réflexe. Vous pouvez tout à fait vivre de beaux combats, faire des photos mémorables et limiter votre impact sur les stocks.
Un mot sur l’ambiance à bord
La pêche au gros, ce n’est pas seulement la bannière Instagram avec un poisson de 50 kg. C’est aussi :
- Les discussions avec l’équipage, souvent riches en anecdotes.
- Les moments de calme, où l’on ne voit que la ligne d’horizon.
- Le premier chant du frein qui fait se lever tout le monde d’un coup.
- Les ratés, décroches et touches manquées… dont on parlera encore le soir au bar.
Le Sénégal a ce supplément d’âme : une population chaleureuse, une culture riche, une cuisine qui réconforte après une grosse journée en mer. Ajoutez à cela le frisson d’un gros poisson au bout de la ligne, et vous obtenez une expérience d’évasion totale.
Que vous soyez déjà adepte du big game ou simple curieux en quête de sensations nouvelles, l’Atlantique sénégalais mérite clairement le détour. En choisissant bien votre saison, votre matériel et votre camp de base, vous mettez toutes les chances de votre côté pour vivre des sorties dont vous vous souviendrez longtemps.

