Site icon

Couteau japonais : comment choisir l’acier, l’affûtage et la forme de lame pour une découpe parfaite de vos poissons

Couteau japonais : comment choisir l’acier, l’affûtage et la forme de lame pour une découpe parfaite de vos poissons

Couteau japonais : comment choisir l’acier, l’affûtage et la forme de lame pour une découpe parfaite de vos poissons

Trancher un beau filet de bar ou lever des sashimis maison avec un couteau émoussé, c’est un peu comme plonger avec un masque rayé : on peut le faire, mais on gâche la moitié du plaisir. Un bon couteau japonais change vraiment la donne pour la découpe du poisson. Encore faut-il savoir lequel choisir… et comment l’entretenir.

Acier, affûtage, forme de lame : on va passer tout ça au crible, sans jargon inutile, pour que vous puissiez choisir le bon outil et profiter d’une découpe nette, précise et (presque) zen.

Pourquoi un couteau japonais pour le poisson ?

Les couteaux japonais ont été pensés pour la précision. Leur ADN, c’est la découpe fine : sashimi, sushi, filetage. Là où beaucoup de couteaux occidentaux « écrasent » légèrement les fibres, les lames japonaises tranchent net. C’est particulièrement visible sur un poisson :

Si vous aimez cuisiner le poisson à la maison, surtout cru ou à peine cuit, vous gagnez tout de suite en précision et en plaisir. Mais pour ça, il faut comprendre trois paramètres clés : l’acier, l’affûtage et la forme de lame.

Choisir l’acier : inox, carbone ou acier « semi-inox » ?

L’acier, c’est le cœur du couteau. Il détermine la facilité d’affûtage, la tenue de coupe, la résistance à la rouille. Pour la découpe du poisson, vous croiserez principalement trois familles.

Les aciers inox : pour un entretien facile

Parfaits si vous ne voulez pas passer votre temps à essuyer votre lame entre deux filets.

À privilégier si :

Les aciers carbone : pour les puristes de la coupe

Les aciers carbone (type Shirogami, Aogami, etc.) sont adorés des passionnés. Ils prennent un fil rasoir, et s’aiguisent avec une grande facilité sur pierre.

À choisir si vous aimez les beaux gestes, que vous prenez soin de votre matériel et que vous n’avez pas peur d’essuyer votre lame souvent.

Les aciers « semi-inox » : le bon compromis

C’est la famille intermédiaire : des aciers enrichis en chrome, moins sensibles à la rouille qu’un carbone pur, mais plus faciles à affûter qu’un inox très dur.

Pour beaucoup de cuisiniers amateurs passionnés par le poisson, c’est souvent la meilleure porte d’entrée dans le monde des couteaux japonais.

Dureté de l’acier : pourquoi ça change votre découpe

Les couteaux japonais sont souvent plus durs que les couteaux européens (on parle de 60 HRC et plus, contre 55–58 HRC en général). Cette dureté a plusieurs conséquences :

Pour la découpe du poisson, cette dureté est plutôt une alliée. On cherche la précision, pas la brutalité. À condition de respecter le couteau, vous profiterez vraiment d’une coupe chirurgicale.

Formes de lames japonaises adaptées au poisson

On entre dans le vif du sujet : quelles formes de lames choisir ? Selon que vous filetez,vez coupe en sashimi ou travaillez des poissons entiers, le couteau ne sera pas le même.

Yanagiba : le roi du sashimi

Le yanagiba est la lame longue et fine qu’on associe aux sushis et sashimis.

Idéal si vous :

Ce n’est pas le couteau le plus polyvalent, mais pour le poisson cru, c’est un bonheur.

Deba : pour lever les filets et travailler près des arêtes

Le deba, c’est la lame trapue, épaisse, qui ressemble presque à un petit hachoir de précision.

Il permet de :

Si vous achetez vos poissons entiers chez le poissonnier, le deba peut vite devenir votre meilleur allié.

Santoku ou gyuto : les couteaux « à tout faire » qui s’en sortent très bien

Vous n’avez pas envie d’acheter trois couteaux différents ? Aucun souci. Deux formes polyvalentes fonctionnent très bien pour le poisson :

Pour la découpe du poisson, ces deux formes permettent de :

Si vous découvrez les couteaux japonais, un bon santoku ou un gyuto de qualité, en acier inox ou semi-inox, est souvent le meilleur premier achat.

Petty : le petit couteau précis qu’on sous-estime

Le petty est un petit couteau fin, entre 9 et 13 cm de lame. Sous-estimé, il est pourtant très pratique pour le poisson :

En complément d’un couteau plus gros, il rend la préparation beaucoup plus confortable.

Affûtage : la vraie clé d’une découpe parfaite

Un bon couteau mal affûté reste un mauvais couteau. Pour que l’acier et la forme de lame s’expriment, il faut un fil propre.

Pierres à aiguiser : l’outil idéal

Oubliez les aiguiseurs « roulettes » agressifs. Pour un couteau japonais, la pierre est la meilleure option. La combinaison classique :

Un geste simple : garder un angle régulier (environ 15° par côté pour un double biseau), ne pas appuyer comme une brute, et toujours finir par quelques passages légers pour « adoucir » le fil.

Angle d’affûtage : fin mais pas fragile

Sur les couteaux japonais à double biseau (santoku, gyuto, petty), un angle total de 30° (15° de chaque côté) donne en général un bon compromis entre finesse de coupe et robustesse.

Sur les lames à simple biseau (yanagiba, deba), la technique est plus spécifique : on travaille surtout le côté biseauté, avec un angle faible, et on « casse » légèrement le morfil côté plat avec quelques passages très doux.

Si vous débutez, commencez par un couteau à double biseau, plus tolérant aux approximations d’angle.

Entretien quotidien du fil

Quelques habitudes suffisent à garder un bon tranchant plus longtemps :

Un rapide passage sur pierre fine de temps en temps est plus efficace que d’attendre que la lame soit complètement émoussée.

Quelques gestes pour une découpe de poisson vraiment clean

Le matériel ne fait pas tout. Deux ou trois gestes changent la qualité de vos filets.

Vous verrez rapidement la différence, surtout sur les poissons à chair délicate comme le bar, le maquereau ou le saumon.

Quel couteau japonais choisir selon votre pratique ?

Pas besoin de vous ruiner ni de remplir un râtelier de collection. Voici quelques pistes concrètes.

Si possible, tenez la lame en main avant d’acheter (en boutique spécialisée) : le ressenti du manche, le poids, l’équilibre jouent beaucoup sur le confort.

Acier, affûtage, forme de lame : le trio à garder en tête

Pour résumer, un couteau japonais adapté au poisson, c’est :

Ajoutez à ça quelques réflexes de base — ne pas tordre la lame, éviter les surfaces dures, sécher soigneusement — et votre couteau vous accompagnera longtemps. À la clé : des filets nets, des sashimis élégants, et ce petit plaisir très particulier de sentir la lame glisser dans le poisson presque sans résistance.

Après tout, cuisiner, c’est aussi un loisir. Autant vous offrir des outils qui rendent chaque geste plus précis, plus agréable… et qui donnent encore plus envie d’ouvrir la prochaine bouteille de blanc pour accompagner le poisson que vous venez de trancher.

Quitter la version mobile